A vitrolles
Hier à 10 h, les représentants du syndicat lycéen Fidl, écoeurés par la tournure des événements, ont décidé d'interrompre le mouvement de contestation de près de 300 élèves des établissements Monnet, Mendès-France et Caucadis contre "une réforme du lycée qui ne dit pas son nom".
Une proviseure violemment bousculée
Des casseurs ont littéralement fait dégénérer une manifestation, sans banderole ni tract, qui avait été organisée à la va-vite la veille par les jeunes membres du conseil de vie scolaire. Après avoir brisé une vitre du lycée Mendès-France, une petite bande a tenté de rentrer à l'intérieur de l'établissement.
De peur qu'ils commettent d'autres dégradations, la proviseure, Corinne Poulin, a voulu s'interposer. Elle a été violemment bousculée avant que des professeurs ne viennent à son secours. Hier après-midi, elle disait "se sentir mal" et n'avait pas encore eu le temps de consulter un médecin. Elle a toutefois porté plainte et les policiers vitrollais ont interpellé plus tard l'un de ses agresseurs, âgé de 17 ans et placé dans un foyer à Aix. Il passera devant un juge pour enfants le 22 janvier. Vers 10h, les meneurs de la contestation décidaient de tout arrêter.
D'autres incidents, en marge du mouvement lycéen, ont été signalés comme le caillassage d'un bus à hauteur du rond-point de la Bastide Blanche, qui n'a pas fait de blessés.
A Marignane
Dès 7h30 hier matin, devant le lycée Maurice-Genevoix, près de 300 élèves se sont rassemblés. Certains ont commencé à fabriquer une barricade à l'aide de chariots provenant du supermarché voisin et de poubelles. Un groupe muni d'un haut parleur exhortait les lycéens à refuser la réforme du ministre Darcos: "Ils veulent faire un bac unique, c'est inacceptable, tout ça c'est la faute à Darcos!", lançait une jeune fille. Beaucoup de lycéens, observateurs, n'ont ainsi pas pu entrer dans le lycée. Une pierre et des cannettes ont été lancées. Un fourgon et deux voitures de police sont arrivés sur place, tandis que vers 8h30 les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre un feu de poubelles. La police a interpellé l'incendiaire présumé. "C'est un élève extérieur à l'établissement", précisait le proviseur-adjoint Anne Haim. Après cet épisode, beaucoup d'élèves sont partis.
La pluie a mis un terme au mouvement. Aujourd'hui, à 10heures, un groupe d'élèves doit être reçu par la direction en Conseil de vie scolaire. Ce mouvement prémédité couvait depuis plusieurs jours et s'est décidé lundi, des tracts ayant été distribués.
Au lycée Louis-Blériot, si tous les élèves ont pu entrer dans l'établissement, à la fermeture des portes, des individus cagoulés ont rassemblé des poubelles avant d'y mettre le feu puis de se diriger vers le lycée Maurice-Genevoix. A 9 h, les contestataires étaient de retour sous surveillance de la police. Le mouvement s'est finalement éteint vers 10h, emportant avec lui la moitié de l'effectif des lycéens.